Derniers pas à Buenos Aires

Aujourd’hui, nous avons arpenté les marchés dominicaux de la capitale  sous un beau soleil et des températures estivales.

Ce soir, petit resto en terrasse  et dégustation de  nos derniers « bife de chorizo ».

Demain, si la météo à Londres le permet, nous prenons l’avion direction la maison après plus de sept mois passés sur les routes.

Choc thermique estimé: 30°C et consommation prévue de vin à l’arrivée +/- 2 litres, à nous le camembert et la baguette!

Météo des plages

On s’est finalement arraché à Punta del Diablo pour rejoindre Cabo Polonio, une réserve naturelle d’Uruguay.

Avec Cabo Polonio, on s’éloigne encore un peu plus de la civilisation, 70 résidents l’hiver, 300 habitants en ce moment et jusqu’à 3500 personnes jour en été. Ici il n’y a pas d’eau courante ni d’électricité, on se débrouille avec des puits et des bougies.

C’est en tout cas vrai pour les touristes car on peut voir des 4*4 flambants neufs et des antennes satellites sur les toits des cabanes de certains locaux. Hippie ça peut rapporter gros !

Ceci dit, l’endroit est vraiment joli. C’est une péninsule bordée d’un côté par une plage avec beaucoup de vagues, idéale pour les surfers et de l’autre par une plage plus tranquille.

A côté du célèbre phare vanté par Diego Forlan, loge une grande colonie de lions de mer tonitruants. On les entend d’ailleurs bien dans le village le soir venu.

Après deux jours coupés du monde, il faut bien amorcer le retour. Nous faisons donc étape à Punta del Este avant de rejoindre Buenos Aires.

Punta del Este se veut être le Saint-Tropez d’Amérique du Sud. Il y a le fric, les bateaux mais on est loin de trouver le charme du village français dans les barres d’immeubles.

Heureusement le soleil brille et nous en profitons bien pour nos derniers jours outre-atlantique.

Chez Coco à Punta del Diablo

A 5 heures de bus de Montevideo se trouve un ancien village de pêcheurs reconverti par les hippies en station balnéaire.

700 habitants l’hiver, au moins 5000 durant l’été austral, il faut dire que les plages sauvages qui entourent Punta del Diablo sont bien agréables.

Nous voilà donc débarqués avec nos sacs à dos à la recherche d’une auberge de jeunesse lorsqu’un uruguacho nous aborde et nous propose une maison à louer.

Il sent l’alcool à 13 heures mais nous le suivons quand même pour voir ce qu’il propose à 50 mètres de là, sin compromiso.

La maison semble propre, 40m2 à quelques pas de la plage et toute équipée à un prix défiant toute concurrence. Heureux de cette bonne affaire on dit banco.

On lui demande où on peut le trouver en cas de besoin. Il nous répond : yo soy Coco, siempre estoy aqui, en nous montrant une cahute devant la plage. En effet, impossible de le rater, il se bourre la gueule de 9h à minuit tous les jours au même endroit. Todo bien Coco !

Ce n’est que le soir qu’on se rendra compte que toute la maison est imbibée de l’odeur d’alcool, le pire étant la chambre à coucher.

Le lendemain on aère toute la journée mais l’odeur est tenace, l’unique solution sera finalement de changer de cabanas. Nous sommes désormais chez une mamita aux petits soins mais très bavarde.

Nous passons 6 jours au lieu de 2 à Punta del Diablo tant nous nous plaisons sur les grandes plages désertes.

Sous le soleil…

Après quelques jours de détente dans la charmante ville de Colon en Argentine avec au programme soleil, promenade le long du fleuve  « Uruguay », piscine et restos nous avons repris la route direction l’Uruguay.

Le passage de la frontière n’a pas été un cadeau car nous avons voyagé dans un bus dans lequel quelqu’un venait de vomir, il faisait 36 degrés à l’ombre et c’est un poste frontière où on ne doit pas sortir du bus. Chacun y allait de sa technique, se mettre du parfum dans le nez, s’éloigner le plus de la zone sinistrée ou se mettre un maillot de bain sur la tête…

Nous sommes arrivés à Montevideo sous une chaleur lourde en fin de journée pour découvrir la capitale la plus calme d’Amérique du Sud. A 21h30 dans les rues du centre, il n’y avait pas un chat et les rideaux de toutes les boutiques étaient fermés. Plutôt bizarre. Nous finissons par trouver un resto mais nous sommes déçus par la viande qui est nettement moins bonne qu’en Argentine et plus chère !

Aujourd’hui, nous nous sommes promenés dans les rues du centre de Montevideo qui comptent quelques beaux bâtiments, des vendeurs d’artisanat et d’antiquités dans la partie historique.

Pour le reste pas grand-chose à signaler… Si ! on est passé déjeuner au resto « Wasa » de Walter et Stéphanie, c’était bon, une cuisine saine avec des produits frais, çà change de la milanesa ou des empanadas. On a passé 4 heures à discuter et à échanger sur les particularités latines. On a oublié de prendre une photo pour vous montrer à quoi ressemble le resto  mais il y a leur blog http://wasa1.canalblog.com

Bref, on recommande vivement l’adresse pour y déjeuner le midi, c’est dans la rue Zabala au 1341. Il faut soutenir les restos de français à l’étranger !

Demain, direction la Playa euh non la « Placha » comme disent les uruguachos…

Attention aux chutes

Nous avons quitté la chaleur de Buenos Aires pour la moiteur tropicale d’Iguazu à la frontière entre Argentine, Brésil et Paraguay. Encore un petit crochet de 20 heures de bus pour voir un des candidats aux 7 merveilles de la nature, les chutes d’Iguazu.

En premier, on a découvert les chutes du côté brésilien entre des russes en goguette et des écoliers brésiliens, un curieux mélange pas vraiment heureux. De ce côté, on a un beau point de vue d’ensemble mais nous n’avons pas été si impressionnés que ça par la puissance des chutes.

Par contre, le spectacle des brésiliennes de 6 ans posant comme des bimbos et des couples russes « la belle et la bête » était intrigant. Définitivement si tu es un homme fortuné, gros, moche et con, la Mère Russie te permettra de trouver une femme belle. Bref, un peu déçus par cette première journée.

Le lendemain, on retente l’aventure du côté argentin en arrivant tôt. Nous sommes agréablement surpris par la largeur des chemins et profitons pleinement de beaux points de vue pendant un moment avant l’invasion des tours organisés crachant des centaines de touristes pressés sur des miradors pas faits pour accueillir tant de monde.

Heureusement ils sont réglés comme des horloges et à midi nous nous rendons à la Garganta del Diablo, une passerelle à quelques mètres de Salto Union. La chute la plus puissante d’Iguazu est fascinante, on ne peut pas apercevoir le pied tellement la vapeur d’eau est omniprésente.

Nous nous perdons dans la contemplation pendant un bon moment avec en bonus un arc-en-ciel. Cette fois, nous avons été impressionnés.

De retour en Argentine !

Après nous être remis de notre trek, nous avons quitté le Chili, direction la Patagonie Argentine et la ville de El Calafate. C’est à 80 kilomètres de là que se trouve un des glaciers les plus grands et les plus accessibles du monde, le Perito Moreno. Nous appréhendions un peu la foule mais nous avons pu avoir notre « tête à tête » avec le glacier.

En arrivant tôt, nous avons pris le premier bateau qui s’approche à cinquante mètres du glacier puis nous avons eu la journée pour parcourir à pied un circuit de passerelles offrant également de belles vues. Nous avons vu la couleur du glacier changer en fonction du temps et eu la chance de voir et d’entendre se détacher d’immenses blocs de glace tout en dégustant notre pique-nique.

On s’attendait à un spectacle exceptionnel et on l’a eu, le glacier est gigantesque et on ne se lasse pas de le regarder. A part Jul qui a perdu ses lunettes de soleil et est rentré avec les yeux bien explosés par le contraste.

Notre séjour en Patagonie s’est achevé par un bref passage par Rio Gallegos, ville des premiers pionniers européens dans le grand sud et lieu de naissance du président argentin Nestor Kirchner, décédé il y a un mois. Difficile pour nous de trouver une chambre d’hôtel en raison de la présence de la police présidentielle et des nombreux hommages au défunt. La ville a peu de charme, son principal attrait restera le prix des billets d’avion pour rejoindre Buenos Aires.

Depuis, nous nous baladons dans les rues ensoleillées de Buenos Aires . On est ravis de quitter enfin nos pulls, après 3 mois à longer la cordillère des andes !!!

Dimanche, on a arpenté le marché des antiquaires de San Telmo où on a craqué pour un joli siphon des années 30.

Un siphon ?! Bon, nous non plus on ne connaissait pas cet étrange objet il y a encore quelques jours…C’est une bouteille en verre avec un drôle de bouchon dans laquelle on fabriquait les boissons gazeuses au début du XXème siècle. C’est surtout un bel objet de décoration qui fait fureur à Buenos Aires…et bientôt en expo dans notre cuisine parisienne 🙂

Torres del Paine : Wictoire !

Nous avons survécu au W ! Qu’est ce que c’est ? Un trek de 80 kilomètres en Patagonie autour du massif montagneux des Torres del Paine en 5 jours, 4 nuits.

Avant de partir nous avons dû louer le matériel adéquat : sacs de couchages, chaussures de randonnée, réchaud, vaisselle de camping et acheter des provisions pour 5 jours. Nous sommes donc partis surchargés à l’assaut des Torres, Jul avec un sac de plus de 15 kilos, Océ avec une douzaine de kilos sur le dos.

On nous avait dit que le temps était plutôt imprévisible dans cette région. Malheureusement pour nous , il fut assez prévisible entre vent, froid et pluie tous les jours.

Dès le premier jour c’est la mission. Nous arrivons dans le parc à 18h45 et devons rejoindre un campement situé à 3h30 de là. Nous devons donc faire vite si on ne veut pas terminer à la lampe frontale. Au bout de 10 minutes de marche, on est en pleine tourmente, pluie et rafales de vent à plus de 80 km/h. Poussés par la nécessité de se mettre dans la tente avant la nuit tombée, nous accomplissons l’exploit d’arriver en avance malgré les conditions climatiques et le poids des sacs.

Nous passons notre première nuit sur une plage de sable noire à 20 mètres d’un iceberg.

 

Lorsque nous sortons de la tente, nous voyons qu’il a neigé pendant la nuit. Le ciel est gris mais il ne pleut plus. Nous marchons jusqu’à un mirador offrant de superbes vues sur le glacier Grey avant de reprendre notre route vers le refuge Péhoé.

L’après-midi le temps se découvre et nous offre notre plus belle demi-journée en 5 jours. Les paysages n’ont rien à voir avec de la lumière ! Notre deuxième nuit est en dortoir, pas de bol, sur 6 lits, on se tape deux ronfleurs de compétition et un mec qui confond déodorant et douche.

Le programme du troisième jour est chargé, 23 kilomètres à faire en 10 heures. On les fait, pas grand-chose à signaler à part des conditions apocalyptiques, grêle, neige, rafales de vents qui plient les arbres en deux et qui nous déportent parfois. On aperçoit le glacier Francés et on essaye de garder le moral pour atteindre le refuge de la 3eme nuit. Nouvelle nuit en dortoir, il n’y a rien de prévu pour ceux qui font leur cuisine, on fait cuire notre soupe dans l’entrée au dessus des chaussures de randos alors que dehors la tempête de neige se déchaîne.

 

Le lendemain, on se réveille avec le moral dans les chaussettes, les jambes sont lourdes et jul a une troisième cheville à cause des pompes de rando de location. Nous profitons de toutes les couleurs que peut offrir le parc par temps clair durant deux heures avant de retomber dans la grisaille puis à nouveau la neige fondue. On arrive à El Chileno où nous passons notre dernière nuit en tente en début d’après-midi. Le temps est pourri mais comme nous n’avons pas envie d’attendre là, nous partons pour le mirador Las Torres, point d’orgue du parcours qui est sensé offrir une vue imprenable sur les tours.

Ce sera notre coup de chance du W, plus on monte et plus le temps se dégage. Lorque nous arrivons au mirador, nous restons scotchés par la vue. Les Torres del Paine sont entourées de brume au sommet mais bien visibles, au dessus d’un joli lac bleu-gris. Un renard fait son apparition. Le spectacle est enchanteur. Nous repartons le cœur léger affronter notre dernière nuit en tente pendant laquelle le vent ne nous laissera aucun répit.

 

Le cinquième et dernier jour, nous redescendons vers la civilisation sous une pluie battante et le vent qui joue avec nous comme si nous ne pesions rien. Nous arrivons trempés au bus mais tellement heureux de rentrer enfin en ville.

Le soir nous fêtons ça avec deux belles assiettes d’agneau de Patagonie arrosées avec une bonne bière « Austral Calafate » avant de nous réfugier dans notre chambre d’hôtel chauffée.

C’est simple le bonheur parfois !