Archives de Catégorie: Bolivie

Salar VIP

Arrivés à Uyuni après 5h30 dans un bus chauffé à blanc par le soleil, nous nous mettons en quête de l’agence qui va nous promener 3 jours durant dans le salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde, et nous amener à la frontière chilienne.

 Nous ne faisons pas deux pas dans la rue que nous tombons sur Tito, un sympathique bolivien qui nous propose ses services. Après de courtes recherches, nous optons pour Tito Tours qui nous propose de « privatiser » le tour pour pas cher, c’est-à-dire que nous sommes trois au lieu de six dans le 4*4 et que nous décidons où et combien de temps nous arrêter.

 Nous partons donc le lendemain matin pour le désert. Première étape, le cimetière des trains à la périphérie d’Uyuni. Ce fut un grand lieu de passage des trains chargés de minerai à travers l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, les trains modernes sont rares et les anciennes locomotives rouillent ici depuis des années.

Puis nous pénétrons enfin dans le Salar, d’une blancheur éclatante. Nous nous arrêtons en plein milieu du désert pour une séance shooting.

Après 1h30 de tentatives plus ou moins fructueuses de jeu avec la perspective, nous levons le camp direction l’île d’Incahuasi, 2 km de cactus sur de la roche volcanique au milieu du salar.

 

Nous déjeunons à l’écart de la foule de touristes avant d’escalader l’îlot. Puis nous traumatisons Freddy, notre guide-chauffeur (enfin surtout chauffeur) pour qu’il nous amène voir le coucher de soleil au milieu du désert de sel. Après quelques vers de vins chiliens, on en apprend un peu plus sur la vie de notre compagnon bolivien. Dire qu’il y en a qui se plaignent de chauffeurs bourrés, nous on le pousse au vice ! Nous passons la nuit dans un hôtel de sel à la frontière du désert.

 

Le deuxième jour c’est flamant roses. Nous découvrons quatre lagunes « altiplanicas » dans lesquelles des milliers de flamants roses de plusieurs races différentes s’ébattent. Le spectacle est fascinant. Le bleu de l’eau, le blanc du sel, le jaune de l’herbe brûlée par le soleil et les flamants.

Après plusieurs heures de grimpette en voiture nous arrivons à la lagunada colorada, un lac multicolore, bleu, rouge, blanc, ocre grâce à la présence de multiples minéraux et micro plancton. Là encore, c’est bluffant, on reste sans voix. Repas très sympa dans un refuge, on met de la musique, on rencontre un beau surfeur du pays du gouda (hein clem) et plein de gens sympas. Résultat la fête la plus stupide du parcours, 4 heures de sommeil et beaucoup trop de vin à 4300 mètres d’altitude.

 

Le dernier jour après un réveil atroce à 5h du mat, nous finissons le parcours comme nous pouvons, trouvant encore la force de nous émerveiller devant des geysers, les paysages du désert de Dali et la laguna verde au pied du volcan Licancabur.

On nous dépose à la frontière et après de chaleureuses accolades nous prenons la bétaillère (ou bus dans des pays civilisés) pour San Pedro de Atacama, Chili. Le trajet fut un calvaire, les Chiliens du poste frontière des gros cons, tout ce qui arrive de Bolivie n’étant pas spécialement bienvenu…

Enfin, nous sommes arrivés à bon port et nous coulons des jours tranquilles à San Pedro de Atacama.

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On s’est mis une bonne mine…

Lundi 9h du matin l’heure d’aller à la mine…

La grande attraction à Potosi c’est d’aller visiter la mine, anciennement d’argent aujourd’hui plutôt de zinc et d’étain. C’est lundi matin et nous prenons la direction du Cerro Rico, la colline dont le sous sol ressemble à un gruyère après les 5 siècles d’exploitation intensive.

Nous voilà donc affublés de bottes, combinaisons, casques et lampes. Une fois passé le côté fun des essayages de tenue de mineur, on commence à moins faire les malins quand il s’agit de s’enfoncer dans la mine.

A peine rentrés, on doit rebrousser chemin en quatrième vitesse car un chariot de minerais se dirige à vive allure vers la sortie et comme vous vous en doutez c’est pas une 3 voies…

 On finit par s’avancer de plus en plus profond en déjouant les crises de claustrophobie par des bonnes crises de rire entre nous.

Au final, on ira jusqu’à 45 mètres de profondeur pour rencontrer Mauricio et son compère afin de partager un whisky bolivien (une tord boyau à 96°C ).

Après 2 heures dans la mine, et un rapide salut au Tio le dieu protecteur des mineurs, on presse le pas vers le sortie après avoir entendu plusieurs détonations de dynamite…

Les 4 saisons du Titicaca

Après un voyage épuisant de deux nuits successives dans des bus nous atteignons Copacabana sur les rives du lac Titicaca en Bolivie.

Nous arrivons sous des trombes d’eau et courrons nous réfugier dans un hôtel après deux jours de vie de sans abri. L’après-midi, le soleil se lève et nous en profitons pour monter le Cerro Calvario, un chemin de croix avec des vues magnifiques sur le lac.

C’est là que le 24 janvier de chaque année les  boliviens de tout le pays viennent acheter une maison, une voiture ou une moto miniature et la faire bénir au sommet. But du jeu : favoriser l’acquisition du bien grandeur nature dans l’année.

Le soir une tempête éclate et la porte de notre chambre d’hôtel est ouverte en pleine nuit par un parasol volant et son pied d’une vingtaine de kilos.Le temps de virer l’intrus, la chambre et jul sont à moitié recouverts de neige.

Le lendemain direction l’Isla del Sol, lieu de naissance du Soleil selon les Incas. Nous traversons l’île du Nord au Sud, 11 kilomètres de randonnée à travers des paysages méditerranéens. Le soir, un nouvel orage nous empêche de dormir une bonne partie de la nuit dans l’hôtel le moins cher depuis le début de notre voyage (5€ pour 2).

Depuis, nous avons retrouvé la Clem à La Paz et nous partons ce soir vers Potosi, ville la plus haute du monde dans laquelle se trouve les mines qui ont fait la richesse de l’Espagne pendant trois siècles.

Daft Punk sur la Route de la mort

Si nous sommes habillés comme ça, ce n’est pas pour la musique électronique mais pour affronter en VTT la route la plus meurtrière de Bolivie.

Cette route en gravier construite à flanc de montagne a heureusement été remplacée par une portion plus large en 2007 et peu de véhicules l’empruntent désormais. Les VTT ont maintenant la voie libre pour profiter des 64 km de descente.

On a quand même un peu hésité car des accidents plus ou moins graves continuent de se produire. On a donc choisi une agence un peu plus chère mais recommandée (Madness).

Départ à 4700 mètres d’altitude à La Cumbre avec vue sur les volcans enneigés pour le début de la descente sur route goudronnée. Assez vite l’appréhension est remplacée par le plaisir de la vitesse sur des supers vélos  « full suspension » et la beauté du paysage qui défile à toute vitesse.

Une trentaine de kilomètres plus loin commence vraiment « la carretera de la muerte ». Ca descend vraiment sévère, la route est étroite et en dessous on a 700 mètres de vide mais on prend vraiment notre pied.

C’était la première fois pour tous les deux qu’on faisait du VTT de montagne et ça nous a bien donné envie de recommencer. A la fin de la descente, nous arrivons à 1500 mètres d’altitude.

Depuis, on a repris la route vers Lima avec notre spécial’ : «  30 heures de bus » pour catcher Bruno dans la capitale péruvienne…

Nouveau record…de bus !

Ca y est, nous sommes enfin arrivés en Bolivie à La Paz après un voyage de 30 heures en bus.

 Ce ne fut pas de tout repos. Nous sommes partis de Salta à 7h du matin le samedi 11 septembre, direction La Quiaca pour le passage de la frontière argentine. Notre bus de la compagnie Balut était un vrai escargot : on a vu tous les bus qui partaient entre 7h30 et 8h du mat’ nous doubler. Puis au premier arrêt, on a récupéré juste derrière nous un couple d’argentins fracassés qui ont d’abord bien rigolé ensemble puis la nana a pété un cable et le mec a du demander au chauffeur de s’arrêter. Le temps qu’elle se calme et on est reparti pour rejoindre la ville frontière à 15h.

 Bonne galère aussi au passage de la douane avec 1h30 de queue en se prenant des rafales de vent et de sable. La seule occupation intéressante était d’observer les boliviens et boliviennes passer chargés comme des mulets avec leurs sacs multicolores. On a quand même du se battre pour conserver notre place. Jul a gagné sa baston de regards contre deux nonnes qui essayaient de passer devant tout le monde. La victoire n’a été que de courte durée puisqu’elles nous sont repasser devant au poste frontière bolivien malgré les protestations d’océ « Porque pasan ? Dios es paciencia !» Malheureusement, la Bolivie est bien trop catholique pour tenir tête à des nonnes grugeuses et la douane était du côté des nonnes…

 

Une fois les deux postes de douanes passés nous avons trouvé un bus pour la Paz. On avait choisi une compagnie pas mal mais au moment de partir pas de bus ! (soit disant une panne mécanique) Le vendeur nous a alors casé dans un autre bus. On a eu le droit à 20h dans un bus de 30 ans, avec les vitres qui fermaient pas alors qu’il gelait dehors  et un chauffeur qui roulait à toute blinde de nuit sur les pistes à 3000 mètres d’altitude.

 

Enfin, nous sommes ravis d’être arrivés sains et saufs  à La Paz dimanche après midi.

 La Paz, c’est la ville la plus haute du monde…Notre précédent record avec Lhassa est battu puisque la capitale bolivienne s’étage jusqu’ 4200 mètres sur l’Altiplano bolivien.

Heureusement, notre acclimatation à l’altitude s’est faite beaucoup plus facilement grâce à l’arrivée en bus…L’interminable trajet en  bus aura donc eu au moins un avantage !

Depuis, on passe notre temps à descendre et monter des rues au milieu d’un festival de couleurs :bleu du ciel, stands multicolores des marchands et robes bariolées des boliviennes.

On prend aussi de plein fouet la pauvreté ambiante : 6 boliviens sur 10 vivent avec moins d’1 euro par jour. Beaucoup transportent des charges devant peser 2 fois leurs poids, il y a des cireurs de chaussures à tous les coins de rue et des stands de bric à brac dans toute la ville.