Archives de Catégorie: Pérou

La jungle du flouze

Après cette première journée riche en rencontres animalières mais dépourvue de confort, on décide de faire sauter la banque et de s’offrir un  lodge de charme « le Corto Maltès » à 40 minutes de Puerto Maldonado en pirogue…

On arrive à négocier un discount de 20% sur le package 3 jours 2 nuits et on profite enfin d’un environnement vert et confortable. Au programme, petite balade botanique dans la jungle où l’on découvre la fameuse fourmi géante, celle qui si elle te pique t’es cloué au lit avec 40° de fièvre pendant 24 heures. Puis sortie de nuit à la recherche des yeux jaunes des Caïmans…En 40 minutes, on en verra une dizaine sur les bords de la rivière Madre de Dios.

L’avantage de cet hôtel, c’est que c’est toi qui décide où voir ces animaux, à savoir partout sauf dans ta chambre…Pas mal de francophones dans l’hôtel dont un couple de canadiens qui nous apprend les expressions de base pour survivre au Québec, « ils nous ont bien fait capoté… ».

Le deuxième jour est principalement marqué par la visite du Lac Sandoval, on revoit les caïmans de jour, on découvre de nombreux volatiles colorés mais impossible de tomber face à face avec la loutre géante d’Amérique du Sud…

Le troisième jour notre programme c’est hamac dans la chaleur amazonienne avant de retrouver le froid des andes…En conclusion, la jungle c’est  bien plus agréable côté flouze que côté loose.

Départ ensuite pour la Bolivie. Pas mécontents car après 3 semaines ½ on trouve les péruviens parfois «pesados » !

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La jungle de la loose

Tout a commencé par un bus à Cuzco. Nous pensions avoir choisi la meilleure compagnie pour nous rendre à Puerto Maldonado en empruntant l’ancienne route de la mort péruvienne. Avant il fallait compter au minimum 2 jours pour traverser les 500 km de piste séparant les deux villes. Depuis une route transocéanique reliant le pacifique du Pérou à l’Atlantique du Brésil est en construction.

 Seulement, la soute du bus ressemblant à un magasin Mr Bricolage, nous avons dû nous arrêter une bonne dizaine de fois pour enlever les pierres de la route afin que le bus collé à la route par le poids puisse passer. Le tout dans une cacophonie d’avis discordants des passagers péruviens tous experts des bus et engueulant le chauffeur pour qu’il enlève l’air conditionné alors qu’il faisait une trentaine de degrés.

Bref, douze heures après notre départ, trempés de sueur, épuisés par le voyage, nous arrivons sous un soleil de plomb dans la jungle. Il n’est que 5h30 du matin mais on se croirait au Cambodge.

Nous prenons un touk-touk pour arriver à notre hôtel, l’Anaconda Lodge, chaudement recommandé par le Lonely Planet. Les bungalows sont au milieu de la jungle qui semble avoir repris ses droits. La porte ne ferme pas, il y a des trous dans la moustiquaire et un espace d’une trentaine de centimètres au dessus de la salle de bains n’est pas couvert par du grillage. 

Nous posons nos affaires et partons en ville pour chercher un autre hôtel. De retour, nous nous baladons dans le jardin de l’hôtel, c’est-à-dire dans la jungle. Nous voyons quatre espèces de singes différentes, un crotale à l’air pas sympa du tout dans un arbre. Le dîner avalé, nous rentrons dans le bungalow.

Derrière la porte, on trouve une grosse araignée que jul tue en deux temps avec se chaussure. On poursuit l’inspection de la chambre et là on tombe sur une énorme araignée dégueulasse. L’araignée est plus large que nos chaussures, cette fois on va chercher de l’aide. Ah, c’est pas grave, c’est une tarantule. Un péruvien vient pour l’attraper avec une pochette cartonnée et un saladier. L’araignée ne se laisse pas faire et après 2 minutes le péruvien sort bredouille en nous disant que la bête s’est enfuie.

 

Avant de dormir, Jul va faire une dernière vérification dans la salle de bain et est accueilli par une chauve souris suspendue au pommeau de douche. Jul bricole un système pour fermer la porte avec du fil en nylon et nous nous couchons pas très rassurés après avoir vidé une demie bouteille de répulsif sur la moustiquaire.

Le Machu Picchu appartient à ceux qui se lèvent tôt !!!

Aller au Machu Picchu, un des lieux les plus touristiques du monde (entre 1500 et 3000 personnes par jour)  est loin d’être aussi simple qu’on pourrait le penser. Tout est fait pour que les étrangers se fassent délester d’un paquet de dollars.

Nous avons limité la casse en organisant une fois de plus l’expédition  nous même.  Malheureusement, l’accès à Aguascalientes (ville la plus proche du Machu Picchu) ne peut se faire qu’en train et Peru Rail applique des tarifs prohibitifs. Compter entre 31 et 120 dollars pour 41 kilomètres en train…Autant dire qu’à ce prix là, on avait ramené de quoi prendre l’apéro à l’ancienne dans le carré du train…

Une fois arrivés à Aguas Calientes, les tickets d’entrée achetés (45 $ par personne) nous décidons de faire la route à pied le lendemain matin pour arriver avant les premiers bus et avoir le Machu Picchu pour nous pendant quelques précieuses minutes.

 Nous partons donc de l’hôtel à 4h20 du matin avec nos frontales vissées sur le front et c’est le début de la course.. Après 1700 marches incas, nous arrivons en  nage devant l’entrée à 5h40 du matin, heureux car aucun bus n’est encore là. Nous voilà juste entourés des trekkeurs du chemin de l’inca et de collègues de marche. Nous recevons le tampon sésame pour l’ascension du Wayna Picchu à 7 heures du matin.(nous ne sommes que 200 à en bénéficier).

A 6h, le Machu Picchu ouvre enfin  et c’est de la folie, nous sommes super excités, on a le site pour nous.

On pose dans tous les sens avant l’arrivée massive des bus, c’est du grand n’importe quoi. C’est seulement après une quinzaine de minutes et une cinquantaine de photos qu’on prend enfin conscience de la majesté du Machu Picchu.  

 

 Quelques gouttes de pluie tombent mais  nous ne renonçons pas à l’ascension du Wayna Picchu, la montagne qui surplombe le Machu picchu. Le chemin est très escarpé, par moment ça ressemble à une via ferrata . Mais nous ne sentons pas la fatigue, nous sommes juste contents d’avoir le droit de monter, de voir que le soleil perce à travers les nuages et nous voyons passer les vagues de brume sur le Machu, ce qui donne un petit côté mystique.

On reste quelques heures perchés là haut à observer la cité inca et tenter de discerner sa forme de condor puis on se décide enfin à redescendre pour profiter de notre bouteille de vin et de notre pique nique sans risquer l’entorse.

Au total, on sera resté 7h30 sur le site du Machu Picchu sans voir le temps passer !

Titicaca, José, Yolanda, Catalina, Rodrigo et la dream team

A peine rentrés du canyon, nouveau réveil avant le lever du soleil, 6h de bus et nous voilà au Lac Titicaca. Objectif : se rendre sur les îles sans guide en privatisant un bateau pour trois jours.

Cinq minutes après notre arrivée sur le port, Clem revient avec un péruvien borgne prénommé José qui nous propose ses services. Après une négo musclée, on monte sur le bateau de José qui nous présente la capitaine Yolanda, sa femme, tout en chair, en jupe et nattes-chapeau.

Après 4 heures de bateau, nous arrivons enfin sur l’île Amantani au milieu du lac Titicaca. Des cultures en terrasse, une terre sèche, des moutons, des fleurs multicolores, des murets en pierre, l’eau bleue du lac, la neige sur la Cordillera real Bolivienne au loin et des maisons multicolores. Ca y est cette fois nous sommes au bout du monde.

José nous présente Catalina qui va nous héberger durant 2 nuits. Les chambres sont sommaires, il n’y a pas d’électricité, l’air passe par la porte, par les fenêtres, les toilettes sont au bout du jardin et l’eau courante c’est une bassine dans le jardin.

 La cuisine de Catalina, c’est une cheminée avec des casseroles, à l’ancienne, mais la soupe de quinoa et patates nous réchauffe le corps et on se sent trop bien à côté de la cheminée. Une fois de plus, nous allons nous coucher à 20h épuisés par la journée de voyage et traînant les courbatures de notre escapade dans le canyon.

Le lendemain, journée « chill-out » sur l’île. Clem et Jul divertissent les péruviens en train de casser des blocs de roche pour construire leurs maisons en se baignant dans le lac Titicaca à 13 degrés. L’après-midi, nous partons avec l’inénarrable José pour des ruines incas, la Pacha tata, situées à 45 min d’ascension. Le site est magnifique, c’est une « porte dimensionnelle inca entre l’île Amantani et Cuzco ». Mais il n’est que trois heures et le coucher de soleil est à 5h. Clem et Jul refont l’aller retour pour amener des bières accompagnés par José, excité par cette bonne idée.

C’est donc dans la bonne humeur que nous attendons le coucher de soleil. Nous offrons à boire à un sympathique chilien, Rodrigo, avec qui on se marre bien. Il nous explique qu’il étudie depuis 4 ans l’harmonie par le son et c’est parti pour la démo. Un énorme coquillage fidjien, genre trompette, quatre bols tibétains, deux baguettes, un peu d’eau et le spectacle commence. Le mix des sons, de la beauté du paysage et des buenas ondas en font un moment magique. Les vendeurs péruviens se rapprochent émerveillés, José arrête presque de mâcher son chewing-gum. Le soleil se couche et nous sommes heureux…

Les 32 ans d’Océ dans le canyon de Colca

Après de nombreuses délibérations, nous avons décidé de nous rendre sans guide dans le 2ème canyon le plus profond du monde : le Canyon de Colca, situé à proximité d’Arequipa au Pérou.

Après un réveil un peu trop matinal et un départ en fanfare avec préparation des sacs jusqu’à 5 minutes avant le départ, nous avons réussi à attraper notre bus en direction de Chivay, porte d’entrée du Canyon et  petit village où il fait bon vivre.  A peine arrivés on a loué des VTT pour se balader dans le coin et atteindre des sources d’eau chaude à Yanque pour se prélasser une heure dans une eau à 38° au milieu des locaux…

Repos bien mérité malgré les bruyants meetings politiques. Mais il fut de courte durée, car le lendemain matin, Océ entamait sa journée d’anniversaire par un réveil à 3heures 30 du mat’ pour prendre le bus vers Cabanacondé.

Là, queue de malade pour monter dans le bus déjà surbondé…Nous n’étions pas préparé à la guerre des places assises de 4 heures du mat’ et Jul en a fait les frais..2 heures debout sur une route en piteux état entre les péruviens qui poussent et jouent des coudes pour s’appuyer à minima contre un rebord de siège…Nous voilà donc au petit matin à Cabanacondé, bien décidés à trouver des mules à louer pour porter les deux gros sacs à dos remplis de vêtements chauds, eau minérale, vivres et bouteilles de vin pour le fameux anniversaire …Hélas, les paysans qui avaient des mules n’étaient pas disposés à nous accompagner au pied levé en randonnée pendant 2 jours…A  8 heures du mat’, on admet enfin que les mules c’est nous et on se lance dans la descente du canyon.

Descente sympa même si les sacs pèsent. On arrive dans une super oasis où pour 3 soles (moins d’un euro) on peut se baigner dans de belles piscines. A midi, en plein cagnard, on se décide à repartir pour atteindre les villages perchés de l’autre côté du canyon et éviter les touristes…On y arrive plutôt bien après un total de 7 heures de marche, on demande à un  local de nous indiquer un lieu où dormir et nous voilà chez  « Roy » une péruvienne pur jus. On est contents parce qu’on a des chambres en dur mais pour l’électricité on repassera…L’éclairage à la bougie c’est « romantico » comme nous répète la logeuse…Au final, on s’est bu qu’une bouteille de vin, sur les trois embarquées, face à la montagne qu’il fallait remonter le lendemain. Ca a eu tendance à calmer nos ardeurs tout comme la peur des crampes et la perspective d’un nouveau réveil à 4h30 avec la mule finalement négociée.

Juste le temps de souffler les bougies sur un pancake improvisé et à 20 heures, tout le monde rejoignait sa chambre et s’endormait dans la foulée…

Un anniversaire dans un cadre naturel exceptionnel mais qui restera dans les annales pour sa sobriété…

Entre Ceviche et Pisco Sour…

Nous avons passé 2 jours dans la capitale péruvienne juste le temps de devenir addict au ceviche « poisson cru mariné au citron  et aux oignons » et au pisco sour (excellent cocktail national).

Lima est une capitale surpeuplée, surembouteillée, surpolluée où seul le quartier résidentiel de Miraflores si bien décrit par Mario Vargas Llossa a retenu notre attention. Le reste de la ville résonne de klaxons et ressemble à une mauvaise scène de Fast and Furious !

Nous avons également retrouvé Bruno et sa cargaison odorante de saucissons au reblochon avant de prendre la direction  de la côte pacifique et rejoindre la petite ville de Paracas.

Courte étape d’une journée pour visiter les îles Ballestas, surnommées les îles Galapagos du pauvre. La visite consiste en une balade en bateau le long de la côte pour apercevoir le mystérieux géoglyphe du Candélabre (un dessin de 150 mètres de haut et de 50 m de large à flanc de dune) puis découverte des îles recouvertes de guano par les centaines de milliers d’oiseau résidents : pélicans, cormorans, mouettes, pingouins de Humboldt… Nous avons également eu la chance d’observer de près une belle colonie de lions de mers et des dauphins.

 

Départ ensuite pour Nazca afin de survoler les lignes éponymes. Nous y avons poursuivi nos dégustations de pisco sour et le réveil n’a pas été facile  pour embarquer  à bord d’un Cessna 206 et son captain pour un vol de 35 min au dessus des lignes. Heureusement qu’on n’avait pas trop mangé avant parce que ça secouait bien comme il faut. «  Ladies and gentlemen at your right, you can see a monkey » et hop piqué de l’avion à gauche et 5 secondes plus tard « you can also see a whale at your left », piqué à droite… C’était bien de voir ces dessins intrigants mais nous étions bien contents de remettre les pieds sur le plancher des vaches et on peut pas vraiment qualifier l’expérience d’inoubliable…

 Depuis ce matin , nous sommes dans la charmante ville d’Arequipa où nous allons retrouver la clem nationale probablement autour de délicieux Pisco Sour…