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Nouveau record…de bus !

Ca y est, nous sommes enfin arrivés en Bolivie à La Paz après un voyage de 30 heures en bus.

 Ce ne fut pas de tout repos. Nous sommes partis de Salta à 7h du matin le samedi 11 septembre, direction La Quiaca pour le passage de la frontière argentine. Notre bus de la compagnie Balut était un vrai escargot : on a vu tous les bus qui partaient entre 7h30 et 8h du mat’ nous doubler. Puis au premier arrêt, on a récupéré juste derrière nous un couple d’argentins fracassés qui ont d’abord bien rigolé ensemble puis la nana a pété un cable et le mec a du demander au chauffeur de s’arrêter. Le temps qu’elle se calme et on est reparti pour rejoindre la ville frontière à 15h.

 Bonne galère aussi au passage de la douane avec 1h30 de queue en se prenant des rafales de vent et de sable. La seule occupation intéressante était d’observer les boliviens et boliviennes passer chargés comme des mulets avec leurs sacs multicolores. On a quand même du se battre pour conserver notre place. Jul a gagné sa baston de regards contre deux nonnes qui essayaient de passer devant tout le monde. La victoire n’a été que de courte durée puisqu’elles nous sont repasser devant au poste frontière bolivien malgré les protestations d’océ « Porque pasan ? Dios es paciencia !» Malheureusement, la Bolivie est bien trop catholique pour tenir tête à des nonnes grugeuses et la douane était du côté des nonnes…

 

Une fois les deux postes de douanes passés nous avons trouvé un bus pour la Paz. On avait choisi une compagnie pas mal mais au moment de partir pas de bus ! (soit disant une panne mécanique) Le vendeur nous a alors casé dans un autre bus. On a eu le droit à 20h dans un bus de 30 ans, avec les vitres qui fermaient pas alors qu’il gelait dehors  et un chauffeur qui roulait à toute blinde de nuit sur les pistes à 3000 mètres d’altitude.

 

Enfin, nous sommes ravis d’être arrivés sains et saufs  à La Paz dimanche après midi.

 La Paz, c’est la ville la plus haute du monde…Notre précédent record avec Lhassa est battu puisque la capitale bolivienne s’étage jusqu’ 4200 mètres sur l’Altiplano bolivien.

Heureusement, notre acclimatation à l’altitude s’est faite beaucoup plus facilement grâce à l’arrivée en bus…L’interminable trajet en  bus aura donc eu au moins un avantage !

Depuis, on passe notre temps à descendre et monter des rues au milieu d’un festival de couleurs :bleu du ciel, stands multicolores des marchands et robes bariolées des boliviennes.

On prend aussi de plein fouet la pauvreté ambiante : 6 boliviens sur 10 vivent avec moins d’1 euro par jour. Beaucoup transportent des charges devant peser 2 fois leurs poids, il y a des cireurs de chaussures à tous les coins de rue et des stands de bric à brac dans toute la ville.

Le(s) jour(s) le(s) plus long(s)

Autant le dire tout de suite, nous sommes fiers d’avoir réussi à atteindre le sommet du Gunung Rinjani. Mais nos corps sont littéralement brisés.

Retour sur le programme de ce trek de 3 jours :

1er jour : départ à 7h du matin des îles Gili en bateau puis transfert en calèche puis voiture jusqu’à Senaru (altitude 600m), point de départ du trek. Nous commençons l’ascension à 10h30 dans une forêt tropicale luxuriante.

S’en suivent 5h de marche pour rejoindre le camp de base « Pos 3 » (altitude 2 000m) et notre groupe parti plus tôt le matin. Au passage, quelques rencontres sympas avec d’autres randonneurs qui nous ont offerts les uns un décontractant musculaire (Décontractyl c’est de la balle), les autres leur bâton de marche en nous disant qu’on en aurait besoin. Nous arrivons au camp en forme, avec un bon moral, ayant mis 5h au lieu des 7 prévues.

Nous faisons connaissance avec le reste du groupe : deux finlandais (un frère et une sœur), un couple de hollandais et un anglais. Nous mangeons avidement le nasi goreng (fried rice) préparé par les porteurs en veillant à ce que les singes ne nous piquent rien.

A peine le soleil couché, la température tombe rapidement de 30° à 5°C et on se les gèle ! (surtout Jul parti en short)  Seule solution,  les sacs de couchage et la tente. Et là impossible de trouver le sommeil, il fait toujours très froid, les tapis de sol ont la même épaisseur que du Sopalin, un ronfleur hors compétition s’en donne à cœur joie et on entend tous nos voisins de tente se rouler dans tous les sens pour trouver vainement le sommeil.

2ème jour : Réveil 6 heures du matin avec pancake banane –thé et c’est parti mon kiki.

Ca grimpe sévère…Au bout de 2 heures et demie, le couple d’hollandais abandonne.

On apprend que la hollandaise était enceinte mais que l’agence lui avait dit que ce serait facile ! Une demi heure plus tard, nous sommes récompensés de nos efforts par une vue splendide sur le Rinjani, le lac et un jeune volcan résultant d’une éruption récente. (Altitude 2700 mètres) 3 biscuits et çà repart pour une descente mode via ferrata vers le lac Segara Anak .

Nous arrivons à 13h à des sources chaudes naturelles (alt 1600 m). Mais l’eau bouillonnante ne réussit pas à nous décontracter complètement, nous sommes épuisés.

Le déjeuner « soupe de pâte et riz trempé dans le bouillon » nous redonne une pêche d’enfer. Heureusement car l’ascension jusqu’au camp de base du Rinjani (altitude 2600 m) est terrible ! Nous arrivons à 18h juste à temps pour voir le soleil se coucher sur Bali.

Nous aidons le guide à monter les tentes dans l’urgence et nous réfugions immédiatement dedans pour manger, un vent glacial s’étant levé. Bilan de la journée : 11 heures de marche, premières ampoules et grande fatigue.

3ème jour : Réveil 3h du matin, un thé, on enfile les lampes frontales et en avant. Dès le début, c’est difficile. Le terrain est constitué de roche volcanique enfouie sous du sable noir très glissant. Tous les 2 pas, on recule d’un mètre. Nous arrivons sur les rotules sur la crête où le vent redouble de vigueur et nous voyons les premiers randonneurs craquer. Les différences d’équipement sont énormes entre la finlandaise en converse, jupe, paréo et les hardcore trekkers en North Face intégral, masque à oxygène, lunette de protection… Nous sommes entre les deux :  wind-stopper, une paire de chaussette à se partager en guise de gant, une serviette comme écharpe, un collant en dessous du short pour Jul.

Nous longeons la crête sur un chemin de 2 mètres de large, balayé par d’énormes rafales de vent. Rapidement, notre guide se plaint de maux de ventre et nous informe qu’il nous attendra en bas.

Nous poursuivons notre route jusqu’à une nouvelle portion d’une inclinaison surréaliste qui mène au sommet.

Cette dernière partie est inhumaine. Une fille devant nous tombe à genoux en pleurant. Grâce à la rencontre d’un vrai guide qui nous encourage, nous trouvons une force insoupçonnée pour atteindre le sommet  à 3726 mètres. Océane, à bout de force tombe dans les bras de Julien.

Nous ne profitons que 5 minutes de la vue car nous sommes frigorifiés et le vent menace de nous faire tomber.

Après une descente tout schuss, nous rejoignons épuisés, le camp à 9h45 pour avaler un pancake.

A peine une demi heure de pause et il nous faut rejoindre la civilisation,12 kilomètres plus bas. Chaque pas nous arrache une grimace de douleur et nous arrivons finalement à 17 heures au village.

Bilan : 13 heures de marche, 10 chutes pour Océ, 5 pour Jul, 5 ampoules  taille « pastèque », les genoux ruinés, de la poussière volcanique dans le nez, les oreilles, les yeux et des courbatures XXL.

No pain no gain!

Sur le toit du monde

Après 2 jours de Jeep, en compagnie de Lauren, une américaine bien sympa, d’un guide et d’un chauffeur tibétain pur jus, on a enfin atteint le camp de base de l’Everest (altitude 5200 mètres). Sur le trajet, on a pu observé des paysages à couper le souffle, des tibétains d’un autre âge, se déplaçant en charrette, utilisant des chevaux ou des yaks pour labourer les champs…

Bref, aussi un voyage dans le temps. Nous avons atteint le point de départ pour l’ascension vers le camp de base hier en fin d’après-midi. Les 4 km de montée nous ont quand même pris presque 1h30 pour arriver au dernier check point de l’armée chinoise et surtout une colline avec une vue imprenable sur l’Everest (qomo langma en tibétain). Regardez comme on etait heureux sur le toit du monde!!!

Nous n’avons pas eu trop de problèmes avec l’altitude, juste les yeux gonflés pour jul et un peu de stress pour océ. Nous sommes ensuite descendus à 5000 mètres d’altitude pour passer la nuit dans une tente tibétaine au pied de l’Everest. Nous avons appris le jeu de carte « le trouduc » aux tibétains et y avons joué jusque tard . On s’est bien marrés car les tibétains étaient à fond et adoraient se traiter mutuellement d’asshole ! On faisait un peu moins les malins quand est venu l’heure de dormir et nous avons dormi avec tous nos vêtements plus deux couettes. En effet autant le soleil tape fort la journée autant la nuit il gèle ! Et malgré le chauffage à la bouse de yak, on n’avait pas vraiment chaud…

Au coeur de Lhassa

Depuis 3 jours, nous essayons de nous acclimater à l’altitude en nous promenant dans Lhassa et ses environs. Nous suivons ainsi les pas des pélerins qui viennent de tout le Tibet pour se prosterner devant les lieux saints de lhassa comme le jokhang ou les statues dédiées aux différentes émanations de bouddha. La plus importante des statues est le Jowo, statue du bouddha du présent qui permet à tout tibétain qui la contemple de s’assurer une bonne réincarnation (réincarner en mouche c’est pas terrible).

Lhassa est une ville fascinante et la nourriture tibétaine réserve bien des surprises à base de yak : thé au beurre de yak, raviolis au yak (momos), nouilles au yak (toupa), crèpes aux yak (bobbis)… Malgré les règles en vigueur, nous réussissons souvent à fausser compagnie à notre guide qui de toute façon préfère également disposer de son temps… Hier, nous sommes donc partis à l’assaut d’un monastère perché sur une montagne à une petite dizaine de kilomètres de Lhassa. Evidemment, sans guide c’est plus compliqué, on s’est donc trompé de chemin dès le début mais au final très belle randonnée terminée dans une nonnerie au lieu du monastère. Les nonnes très sympathiques nous ont d’ailleurs invités à partager le thé au beurre de yak jusqu’à écœurement. Il nous a fallu trois tasses avant de comprendre qu’il ne fallait jamais la reposer sur la table. En effet, la tradition tibétaine veut que les tasses soient systématiquement remplies jusqu’à épuisement du thé et les thermos sont nombreux et de grosse contenance!!!

 Les tibétains ont d’ailleurs une vision écologique de la bouilloire : un panneau solaire bricolé sur lequel est posé un porte plat leur permet de faire chauffer les aliments. Voilà à quoi ressemble la bouilloire solaire !!!

Aujourd’hui, nous avons aussi assisté à des débats de moines bouddhistes. Il s’agit d’une confrontation entre deux moines, chacun assenant ses arguments à tour de rôle en claquant les mains au visage de l’autre. Petit aperçu ci-dessus.

Enfin au Tibet!

Nous avons atterri sur le sol tibétain hier à midi. Remise de l’écharpe de bienvenue « hada » puis 1 heure de van au milieu des montagnes et lacs pour rejoindre Lhassa.

Première vue sur le Potala et sur les pèlerins avec leurs moulins à prière : on en a pris plein les yeux !

Mais la journée fut surtout consacrée à régler nos problèmes administratifs et logistiques, ce qui était un vrai casse tête chinois. Enfin, mission accomplie : on a un hôtel à 30 euros la nuit digne du Dalai Lama en plein cœur du quartier tibétain et nous avons surtout acquis (payé !) le droit de rester au Tibet jusqu’au 12 juin… Sinon, nous luttons tous les 2 contre le mal des hauteurs : Lhassa est à 3600 mètres d’altitude! De mémoire de parisiens, on ne s’était jamais traîné ci haut ! (butte Montmartre 200m… notre dernier record était à 3100 mètre pour le Pic Blanc de l’Alpes d’Huez avec la Clem).

Les 2/3 d’oxygène en moins se traduisent par un essoufflement rapide et des maux de tête récurrents : chaque escalier est une menace… On a quand même escaladé le Potala aujourd’hui, qui nous a ébloui tant par les richesses présentes dans le palais que par l’histoire du lieu.

Et puis, il faut qu’on s’acclimate à l’altitude : plus de cigarette et plus de bière pour l’instant!. Dans 4 jours, nous partons rejoindre le camp de base pour l’ascension de l’Everest qui se situe à plus de 5000 mètres d’altitude. Vous l’aurez compris notre Everest à nous ce sera le camp de base, on n’ira pas plus haut.