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Torres del Paine : Wictoire !

Nous avons survécu au W ! Qu’est ce que c’est ? Un trek de 80 kilomètres en Patagonie autour du massif montagneux des Torres del Paine en 5 jours, 4 nuits.

Avant de partir nous avons dû louer le matériel adéquat : sacs de couchages, chaussures de randonnée, réchaud, vaisselle de camping et acheter des provisions pour 5 jours. Nous sommes donc partis surchargés à l’assaut des Torres, Jul avec un sac de plus de 15 kilos, Océ avec une douzaine de kilos sur le dos.

On nous avait dit que le temps était plutôt imprévisible dans cette région. Malheureusement pour nous , il fut assez prévisible entre vent, froid et pluie tous les jours.

Dès le premier jour c’est la mission. Nous arrivons dans le parc à 18h45 et devons rejoindre un campement situé à 3h30 de là. Nous devons donc faire vite si on ne veut pas terminer à la lampe frontale. Au bout de 10 minutes de marche, on est en pleine tourmente, pluie et rafales de vent à plus de 80 km/h. Poussés par la nécessité de se mettre dans la tente avant la nuit tombée, nous accomplissons l’exploit d’arriver en avance malgré les conditions climatiques et le poids des sacs.

Nous passons notre première nuit sur une plage de sable noire à 20 mètres d’un iceberg.

 

Lorsque nous sortons de la tente, nous voyons qu’il a neigé pendant la nuit. Le ciel est gris mais il ne pleut plus. Nous marchons jusqu’à un mirador offrant de superbes vues sur le glacier Grey avant de reprendre notre route vers le refuge Péhoé.

L’après-midi le temps se découvre et nous offre notre plus belle demi-journée en 5 jours. Les paysages n’ont rien à voir avec de la lumière ! Notre deuxième nuit est en dortoir, pas de bol, sur 6 lits, on se tape deux ronfleurs de compétition et un mec qui confond déodorant et douche.

Le programme du troisième jour est chargé, 23 kilomètres à faire en 10 heures. On les fait, pas grand-chose à signaler à part des conditions apocalyptiques, grêle, neige, rafales de vents qui plient les arbres en deux et qui nous déportent parfois. On aperçoit le glacier Francés et on essaye de garder le moral pour atteindre le refuge de la 3eme nuit. Nouvelle nuit en dortoir, il n’y a rien de prévu pour ceux qui font leur cuisine, on fait cuire notre soupe dans l’entrée au dessus des chaussures de randos alors que dehors la tempête de neige se déchaîne.

 

Le lendemain, on se réveille avec le moral dans les chaussettes, les jambes sont lourdes et jul a une troisième cheville à cause des pompes de rando de location. Nous profitons de toutes les couleurs que peut offrir le parc par temps clair durant deux heures avant de retomber dans la grisaille puis à nouveau la neige fondue. On arrive à El Chileno où nous passons notre dernière nuit en tente en début d’après-midi. Le temps est pourri mais comme nous n’avons pas envie d’attendre là, nous partons pour le mirador Las Torres, point d’orgue du parcours qui est sensé offrir une vue imprenable sur les tours.

Ce sera notre coup de chance du W, plus on monte et plus le temps se dégage. Lorque nous arrivons au mirador, nous restons scotchés par la vue. Les Torres del Paine sont entourées de brume au sommet mais bien visibles, au dessus d’un joli lac bleu-gris. Un renard fait son apparition. Le spectacle est enchanteur. Nous repartons le cœur léger affronter notre dernière nuit en tente pendant laquelle le vent ne nous laissera aucun répit.

 

Le cinquième et dernier jour, nous redescendons vers la civilisation sous une pluie battante et le vent qui joue avec nous comme si nous ne pesions rien. Nous arrivons trempés au bus mais tellement heureux de rentrer enfin en ville.

Le soir nous fêtons ça avec deux belles assiettes d’agneau de Patagonie arrosées avec une bonne bière « Austral Calafate » avant de nous réfugier dans notre chambre d’hôtel chauffée.

C’est simple le bonheur parfois !

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